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 Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.

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Céleste
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MessageSujet: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Sam 9 Jan 2010 - 19:27

« Ma chérie, es-tu sûre de toi ? »

Céleste soupira. Elle tourna la tête vers sa mère, emmitouflée dans son manteau en fourrure de loup. Elle sentait l’étreinte qu’elle imposait à son bras se resserrer. Elle soupira, s’arrêta, fit lâcher son bras à la femme perchée sur ses talons de marque, et la prit par les épaules pour la mettre face à elle. Même avec ses chaussures, sa mère ne la dépassait pas malgré la petite taille de la jeune femme. Elle planta son regard océan dans celui, gris, de son interlocutrice. Elle retint un autre soupire en voyant qu’elle s’était encore trop maquillée pour une simple sortie.

« Maman. Oui je suis sûre de moi, tu m’as posé trois fois la question depuis le petit déjeuner. Et je ne parlerais pas des innombrables questions dont celle-ci répétée à chaque fois depuis que j’ai annoncé ma décision qui était déjà mûrement réfléchie quand je t’en ai parlé. C’est trop tard maintenant de toute manière.
- Mais non ce n’est pas trop tard, ton père peut…
- Arrête-toi avant de dire une grosse bêtise. Tu sais très bien que je ne veux plus rien avoir à faire avec mon père.
- Excuse-moi chérie, mais je ne veux pas que tu te fasses violer, ou frapper, ou…
- Maman ça suffit. »

Sa mère pinça ses lèvres sur lesquelles elle avait appliqué un rouge à lèvre bois de rose. Céleste regarda celle qui l’avait élevée, dans un luxe certain offert par son père, et se demanda encore une fois pourquoi elle restait si attachée à ce connard finit qui s’affichait ouvertement avec des blondes plus jeunes, plus retouchées. Image pathétique du riche businessman type qui trompa sa femme allègrement avec ses assistantes, pour finir le tout dans un divorce et avec une grosse pension au bout, qui n’était qu’insignifiante pour lui, tout comme son ex-femme et leur fille. Céleste se retourna et repris le bras de sa mère, le visage fermé, à cause de ces pensées qui la répugnaient toujours autant. Elle n’aimait pas avoir à subir ce schéma familial aussi minable que cliché pour des gens de leur situation.

Elle souffla pour se détendre, exhalant un petit nuage de vapeur, et leva les yeux vers le ciel bleu fade, le bleu des jours d’hivers ensoleillés. Sa mère passa la main dans ses longs cheveux noirs corbeau, enleva un de ses gants en velours noir, puis prit une cigarette dans sa petite boite en métal orné qu’elle gardait depuis si longtemps. Elle l’alluma, expirant l’âcre fumée et regarda sa fille tout en marchant, faisant claquer ses talons. Céleste, perdue dans ses réflexions, enfonça son poing gauche dans la poche de sa veste garçonne. Elle cligna des yeux, ralentit le pas.

« Je crois qu’on va se séparer ici. »

Elle s’arrêta, se positionna une nouvelle fois face à sa mère, qui cracha un dernier jet de fumée, et écrasa sa cigarette. Elle enleva son deuxième gant et prit les mains de la jeune femme entre les siennes. Céleste voyait sur son visage l’anxiété, la fierté, le refus, le respect, l’amour. Elle serra ses doigts, esquissa un sourire rassurant. La femme en lâcha une, qu’elle plongea dans son sac. Elle en ressortit une petite boîte, tellement simple qu’elle surprit la jeune femme. Le carton blanc sale paraissait si absurde sous les ongles soigneusement manucurés de sa génitrice. Celle-ci hésita un instant.

« Ma chérie, j’ai un cadeau pour toi. Nous savons toutes deux que je ne veux pas que tu partes, mais au fond j’ai toujours su que tu le ferais. Et malgré mes questions je connaissais ta réponse. Je sais que ton grand père t’entraînait, quand tu allais à la campagne en vacances. Je sais que tu continues de le faire quand tu sors parfois. Même s’il ne reste plus grand-chose dans notre famille, il y a encore ceci. Il est à toi, et je pense que tu sauras t’en servir. Je préfère te laisser dès maintenant, avant que tu ne me dises de m’en aller, viens me voir quand tu pourras. Et amuse-toi bien ! »

Elle lui plaqua une bise sur la joue, et repartit par où elles étaient venues, laissant entre ses doigts fins la petite boîte. Céleste sourit en la regardant s’en aller. Elle était bien sa fille, car malgré le luxe et les apparences, sa mère gardait ce bout d’imprévues, de folie. Elle fixa ensuite la boite. Un peu moins longue que son avant bras, elle était rectangulaire. Curieuse, elle l’ouvrit doucement. Son souffle se bloqua dans sa gorge et son cœur accéléra ses battements. Elle glissa délicatement ses doigts à l’intérieur et caressant la lame luisante d’un magnifique couteau de combat, qui avait appartenu à son grand père maternel mort depuis maintenant quatre ans, qui lui avait donné envie de s’engager. Elle referma la boîte, emplie d’énergie, encore plus motivée qu’avant. Elle reprit son avancée vers le centre d’entraînement des recrues, prête à affronter son avenir.
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Céleste
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Lun 11 Jan 2010 - 23:22

Vêtue de la très saillante tenue militaire de rigueur, Céleste se tenait droite, avec une démangeaison plus que gênante au pied gauche. Mais elle n’y prêtait pas attention, trop attentive aux mouvements de vas et viens qu’effectuait leur instructeur, un homme grand, musclé, aux cheveux coupés au millimètre près, et avec, à son humble et féminin avis, une bonne grosse tête de connard. Il les détaillait, un par un, les jugeant, petit groupe de recrues fraîchement arrivées au centre. Il arriva une nouvelle fois à son niveau, la reluqua une nouvelle fois de haut en bas. Les traits de son visage toujours aussi figés sur cette expression de semi-dégout, mais une lueur vicieuse était logée au fond de ses prunelles. Céleste retint un frisson de répulsion, et du bout de son index elle effleura le manche de son couteau.

« Alors les mignonnes, on est venues faire une manucure ? Si c’est le cas, c’est pas le bon endroit ! Je suis votre Instructeur, le Sergent Le Tallec. Ce sera chef, et rien d’autre. On va tous s’amuser, de 6h du matin à 19h le soir, et ce pendant les prochains mois. Je serais votre maman, mais j’viendrais pas vous border tous les soirs. J’attends pas grand-chose de vous, mais on verra bien. Vous avez la journée pour prendre connaissance du centre, prendre vos quartiers, ranger vos kits de pimbêches et éventuellement faire un tour dans les salles réservées aux entraînements privés, ça ne ferait pas de mal à certains. Et dès demain, je vous veux tous debout, prêt et disponibles pour un footing à 6h pile ici même. Compris ?! »

D’une voix unique, ils acquiescèrent par la formule réclamée, saluèrent, puis le Sergent s’en alla, les laissant tous au milieu de la cour. Ils se regardèrent, et certains qui semblaient se connaitre vaguement commencèrent à discuter. Céleste observa ceux avec qui elle allait devoir passer le plus claire de son temps. Ils la dépassaient tous, et de très loin. Evidemment, elle était réellement petite. Elle capta quelques regards moqueurs, qu’elle prit soin d’ignorer, puis parcourut la cour et les bâtiments du regard. C’était beaucoup plus grand que ce qu’elle pensait. Un petit vent soufflait, et elle sentit ses poils s’hérisser avec la fraîcheur qui passait sous ses vêtements. Elle perçut des mouvements derrière elle, et se retourna. Un jeune homme, évidemment elle était la seule fille du tas, s’était approché d’elle, un air goguenard peint sur son visage. Grand, et plutôt massif, ses cheveux blonds ternes tirant sur le châtain s’alliaient avec un teint jaunâtre maladif. Elle haussa un sourcil, intriguée.

« Alors, ils engagent des lycéennes qui ont pas finit leur croissance maintenant ? Trop en manque de soldats pour servir à défouler les Covenants !
- Pardon ?
- T’as très bien compris, gamine. Reviens quand t’auras grandi, quand tu pourras tenir la route. »

Il explosa de rire, et d’autres autour pouffèrent discrètement. Puis il baissa à nouveau les yeux sur celle qu’il venait d’humilier publiquement. Humilier, ou plutôt le croyait-il. Les yeux bleus de la jeune femme étaient devenus aussi insondables que les profondeurs maritimes, sombres comme l’océan un jour de tempête. Elle s’avança rapidement sur le blond qui arrêta progressivement de rire. Après l’avoir fixé un millième de seconde dans les yeux, regard glaçant, elle lui asséna un premier coup violent. D’autres suivirent, de plus en plus puissants, et incapable de réagir il se laissait frapper, à demi assommé en quelques secondes. Puis il tenta de rétorquer, coup qui fut paré par Céleste, qui profita pour cogner l’estomac de son adversaire improvisé, qui se plia en deux. Elle le frappa encore une fois.

« Vas-y, répètes ce que t’as dit ?! Redis-le aller ! »

Des plaies apparaissaient sur le visage du jeune homme. Les autres commençaient à réagir peu à peu autour d’elle, s’avançant timidement mais bien vite écartés par Céleste, animée par la rage. Puis un autre, plus grand encore que les autres, avec une carrure imposante, et à la flamboyante chevelure, s’avança et ceintura la jeune femme qui se calma quasi instantanément en sentant la force de la pression contre ses côtes. D’autres relevèrent le blond, tandis que le grand roux la reposait au sol. Elle essuya une larme rageuse qui avait glissé le long de sa joue, sentant tous les regards portés sur elle, puis parla d’une voix froide et dure.

« Plus jamais on m’insulte ! »

Elle commença à prendre conscience de ses bras qui tremblaient, et de son essoufflement. Elle constata qu’autour d’elle tous la regardaient avec respect. Le visage assombrit, elle pensa qu’il était bien dommage d’en arriver a ça pour mériter le respect des hommes. Elle tenta de se recoiffer et reprendre une consistance potable. Puis elle sentit un regard insistant posé sur elle. Elle dirigea ses iris bleus vers celui qui la fixait. Un jeune homme aux cheveux châtains, à peine plus longs que la normale, ébouriffés, de grands yeux verts candides et un air mi-surpris mi-fasciné accroché au visage. Elle lui adressa un petit sourire discret.
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Céleste
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Mer 13 Jan 2010 - 13:46

De petits nuages de poussière se soulevaient sous leurs pas. L’air était encore plus frais que quelques heures plus tôt, et un petit vent agressif, qui sentait la neige, s’était levé. Le ciel d’azure pâle était vide de ses moutons blancs, et le soleil brillait, projetant les ombres des bâtiments au sol d’une lumière froide et crue. Même ses rayons ne suffisaient pas à réchauffer la jeune femme, qui frissonna sous sa veste, et enfonça ses mains dans ses poches, resserrant ses bras contre ses côtes. Les points de ses cheveux se soulevaient doucement sous le souffle léger. Elle repoussa sa mèche qui la gênait en venant se poser devant ses yeux, et une fois sa vue dégagée, elle jeta un coup d’œil à sa droite.

Le jeune homme marchait à côté de Céleste, perdu dans ses pensées, le regard vague. Il était assez grand, mais pas autant que les autres. Son corps fin et musculeux était assez mis en valeur par la tenue réglementaire, chose étonnante. Ses mouvements étaient raides, mais calmes. Il avait un visage assez carré, masculin, mais aux traits fins, très harmonieux. Ses cheveux ébouriffés lui donnaient un peu un air gamin, mais plutôt plaisant. Ses yeux verts mousse brillaient d’éclats or, illuminant son visage. Son sourire était doux, et engageant. Il lui avait dit s’appeler Anthony. Et il lui plaisait bien. Il sursauta à moitié, sans raison apparente, et releva la tête vers elle. Céleste lui adressa un sourire.

« On disait quoi déjà ?
- Que tu t’étais engagé parce que tu comptais sauver des vies, faire des bonnes actions, tout ça.
- Ah oui ! Et, dis-moi, pourquoi une jeune femme comme toi est ici ? »

Elle s’arrêta, semblant ignorer la question, leva la tête et l’air pensif elle plissa les paupières. Elle s’approcha du mur du bâtiment cubique, passa sa main dessus, tout en fixant toujours le toit. Elle se retourna et adressa un sourire à Anthony.

« Tu viens ?
- Où ?
-En haut, on sera plus tranquilles pour parler. »

Sans vraiment lui laisser le temps de répondre, elle monta sur le rebord d’une fenêtre, puis prenant appuis précairement les jambes écartées dans l’encadrement remonta pour atteindre le bord du toit plat du bout des doigts, sur lequel elle se hissa. Elle se pencha sur le bord, à genoux, fit signe à Anthony de la rejoindre, puis se tourna et disparut. Il hésita, pour tenter de la suivre, la voyant monter l’autre bloc, plus haut, du bâtiment. Elle l’attendait en haut, assise, jouant avec son couteau. Il s’assit à côté d’elle.

« Moi, je me suis engagée parce que je n’ai rien d’autre à faire. Pour m’occuper.
- Et les études ? T’aurais pu t’occuper autrement.
- Ca m’intéresse pas. Faire comme tout le monde, rester sa vie à s’ennuyer. Non. Au moins je vais voyager. Peut être.
- Et ta famille elle en dit quoi ?
- Ca me regarde. »

Elle avait parlé sur un ton neutre, mais la réplique avait surprise le jeune homme. Céleste ignora son regard d’enfant posé sur elle, triturant son couteau. Elle ne voulait pas parler de sa famille. Personne ne s’immiscerait dans sa vie. Et personne ne pourrait lui faire ce que son père avait fait à sa mère. Jamais elle ne se laisserait faire comme certains le font. Jamais elle ne laisserait les autres décider pour elle. Même si c’était un peu contradictoire, comme lui avait dit sa mère, de vouloir n’en faire qu’à sa tête, pour aller s’engager et devoir obéir à des ordres le restant de sa vie. Mais c’est ce que Céleste voulait. Et malgré les ordres, elle aurait une liberté certaine. Du moins, elle l’imaginait, même si elle en doutait par moments. Elle regarda le jeune homme à nouveau.

« Sinon, t’aimes quoi comme musique ?
- Euh… Des trucs un peu vieux, genre du rock.
- T’as l’air d’être un mec cool. »
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Céleste
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Sam 16 Jan 2010 - 18:08

Le ciel était gris, semblable à une étendue cotonneuse salie. Un vent froid s’était levé dans la nuit et balayait le centre, son souffle se brisant sur les blocs de béton composant les bâtiments, sifflant dans les passages étroits, comme lors des nuits de blizzard. La température était descendue en piquée, l’air glacial piquait tout bout de chaire non couvert, et les narines de ceux qui le respiraient. Céleste retenait les frissons compulsifs que lui imposait le froid qui lui lacérait la peau. Sa section se retrouvait dehors pour un entraînement dans des conditions plus que parfaites, c’était évident. Leur instructeur leur braillait des indications, contre indications, ordres et interdictions en tout genre, couvert comme un eskimo, tandis que les recrues se pelaient le fessier à attendre, presque impatiemment pour une fois, que l’épreuve commence.

« … Alors les gonzesses, on se bouge le derche et on y va !!! » Hurla le sergent Le Tallec.

Certains hésitèrent un peu en voyant le terrain. Céleste, elle, ne se fit pas prier pour se lancer à plat ventre sous des barbelés. Elle qui détestait les clichés, elle était servie depuis qu’elle était là. Entre les soldats lourdingues et machos, un instructeur qui se plaisait à être vulgaire au possible, et des entrainements à ramper dans la boue ou grimper des murs d’une hauteur dingue, elle enchaînait sur les préjugés appliqués à la réalité. Elle ondula contre le sol dur et froid, pour passer au plus vite l’obstacle, et se relever. Le but de l’exercice était d’arriver en premier au bout du parcours et éliminer l’ennemi, qui n’était qu’une simple cible. Tout en commençant à passer le mur d’escalade, elle se demanda ce que faire un parcours le plus rapidement pour toucher le centre d’une cible allait leur permettre de faire sur le terrain, mais bon, après tout. Elle avait choisit les Marines, pas autre chose.

Elle arriva en haut du mur aussi rapidement qu’elle le put, prit une petite seconde pour évaluer l’avancée des autres. Elle était dans les premiers. Il ne restait plus qu’un sprint et le tir à faire, ce n’était qu’une mise en bouche pour la journée. Elle se laissa retomber avec souplesse en bas, se réceptionnant comme un félin. Puis elle bondit, courut aussi vite qu’elle pouvait, elle se savait bonne en vitesse. Elle gardait le regard fixé sur les armes posées loin devant. Elle sentait ses muscles se tendre, mais poussa encore sur ses jambes. Elle se laissa glisser au sol, prit le BR qui l’attendait. Elle n’appréciait pas cette arme, mais elle n’avait pas le choix. Elle l’épaula, visa méticuleusement, entendant d’autres arriver et s’arrêter. Un tir fusa, suivit d’un juron. Elle appuya lentement. Le tir partit, elle releva doucement les yeux. En plein dans le mille, bien joué meuf.

Quelques minutes plus tard, ils étaient tous alignés, sous le regard mesquin et moqueur du sergent. Il beugla quelques insultes, les rabaissa comme il se devait, puis la félicita de manière ironique. Elle commençait à vraiment avoir les mots « Gros » et « Con » qui s’associaient et se tenaient prêt à passer ses lèvres quand elle voyait le faciès de leur instructeur, mais la politesse à laquelle elle avait été accoutumée dans sa jeunesse et dans son milieu social la retenait. Heureusement pour elle d’ailleurs. Puis il leur demanda d’aller se préparer. Céleste s’apprêtait à tourner les talons comme ses camarades, quand il l’attrapa par le bras. Les poils de ses bras s’hérissèrent et une vague parcouru sa colonne vertébrale au contact de la main de l’homme sur son bras. Elle tourna les épaules vers lui.

« Chef ?
- Mmh… Ma petite Céleste, tes capacités physiques me surprennent un peu plus avec les entraînements, dit-il une lueur étrange au fond des yeux.
- Ah. Merci Sergent.
- J’ai apprécié regarder ton parcours. C’était… Attrayant.
- Ah… Je peux y aller ?
- Oui. »

Elle salua machinalement de la tête, puis se pressa pour dégager au plus vite de cette main qui lui enserrait le bras. Un sentiment de malaise l’avait envahie, et son ventre se nouait. Elle devait être un peu fatiguée. Il l’avait félicitée, à part. C’était pour ne pas le montrer devant les autres. Oui. Surement. C’était ça. Elle souffla, tentant de chasser le poids qui la rendait nauséeuse. C’était forcément ça.
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Céleste
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Mer 20 Jan 2010 - 18:56

Un brouhaha emplissait le réfectoire. Le pas lourd, Céleste arriva avec son repas porté à bout de bras. Elle posa son plateau sur la table et se laissa tomber sur sa chaise, à côté de Robin, le grand roux qui l’avait retenue lors de leur arrivée. Elle soupira lourdement, puis fit craquer son cou, ce qui fit rire son voisin qui la regardait d’un air moqueur. Elle haussa un sourcil et lui tira la langue, avant de se plonger dans un tête à tête avec son assiette, empoignant ses couverts d’un air motivé. Anthony qui la suivait de peu s’assit à sa gauche, les traits fatigués et les cheveux encore plus ébouriffés qu’à l’habitude, les épaules basses. Le blond que Céleste avait refroidit le premier jour explosa de rire.

« Ca va les ancêtres ?!
- Quoi ?! Demanda Anthony.
- Bah on sent la motivation la, puissance quarante !
- Tais-toi Jordan, nous on bosse. Répondit Céleste.
- Moi, j’ai pas besoin d’en rajouter gamine ! Fit-il en montrant son bras.
- Tss, tu veux un câlin de bienvenue encore une fois mec ? »

Elle lui lança un coup d’œil pétillant, et il secoua la tête en souriant. Elle roula des yeux, puis entama son entrée. Ses tomates lui valurent la petite remarque du jour. Elle sentait son dos se détendre après la petite séance en salle qu’ils avaient pris le temps de faire avec Anthony sur leur peu de temps libre. Elle était bien ici, au milieu d’eux tous, à rire et blaguer, malgré leur première journée un peu chaotique. Ils connaissaient même les habitudes de chacun, au fil des semaines ils s’étaient appris. Et ils se charriaient toujours dessus. Elle et ses tomates. Jordan et leur arrivée. Robin et son absence de pudeur. Anthony et ses rougissements intempestifs.

En pensant à lui, elle tourna doucement la tête de son côté. Il suivait la conversation entre Jordan et un autre de leur groupe, l’air très concentré, les sourcils un peu froncés. Ses yeux verts étaient assez sombres, comme toujours lorsqu’ils étaient en intérieur, et allaient de l’un à l’autre. Elle piqua une tomate, l’esprit ailleurs, qu’elle mâcha tranquillement, en continuant de regarder Anthony. Ses pommettes. Ses lèvres fines. La courbe de sa mâchoire. Les reflets plus clairs dans ses cheveux. Sa nuque. Il tourna la tête vers elle, qui ne bougea pas. Ses yeux s’agrandirent un peu, étonné, et il haussa un sourcil. Au niveau de ses pommettes, sa peau mate avait un peu rosît.

« Céleste ?
- J’étais dans mes pensées. Tu m’as demandé quelque chose ?
- Jordan a demandé ce qu’on pensait du Sergent.
- Ah. »

Elle se retourna pour continuer son assiette de tomates, tranquillement. Elle sentait peser sur elle les regards des garçons. Anthony était toujours tourné vers elle. Visiblement, ils attendaient une réponse. Elle posa soigneusement ses couverts au bord de son assiette, passa une main dans ses cheveux, et entrecroisa les doigts de ses mains entre eux, posant les coudes au bord de la table. Elle regarda un a un chacun de ceux qui patientaient.

« C’est un sergent. »

Ils soupirèrent tous, déçus de cette réponse plus que vague, surtout après une telle attente, se détendant immédiatement. Elle reprit, plus fort.

« Mais il y a quelque chose qui cloche. »

Ils se figèrent. Jordan releva les yeux vers elle, lentement, fixant son regard océan. Elle haussa les sourcils pour appuyer ce qu’elle venait de dire, puis le pointa du menton en élevant uniquement son sourcil droit, comme pour lui demander « Et toi ? ». Le silence se fit à nouveau autour de la table. Jordan pinça les lèvres, ses iris furent masqués par ses cils blonds, puis il releva ses yeux gris et prit sa respiration.

« Oui. Il y a quelque chose qui cloche. »
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Sam 30 Jan 2010 - 14:28

Le ciel était dégagé. Malgré tout, l’air avait comme une odeur de poudreuse. Pourtant pas un flocon n’avait fait son apparition, mais le froid était bien la, agressif, piquant. La nature poussait ses lourds et glaçants soupirs, qui soulevaient doucement les mèches sombres de Céleste. Le ciel noir s’étendait à perte de vue, piqué de milliers de petits points blancs et brillants. Elle sentait le béton dur contre son dos, mais elle était à son aise. Elle avait l’esprit totalement vidé, et ne s’occupait plus que de goûter le souffle froid du vent sur sa peau, percevoir l’immensité du ciel au dessus d’elle, sentir la délicate réflexion des étoiles et de la Lune éclairer le centre de leur pâle lueur.

Elle entendit des pas s’approcher, mais ne bougea pas. Elle reconnaissait l’odeur de la personne qui s’approchait, pour s’asseoir. Elle tourna la tête, et sourit. Anthony, les mains en arrière, s’appuyait sur ses bras, et la regardait. Ils étaient à quelques centimètres l’un de l’autre. Il allait ouvrir la bouche, mais elle mit le bout de ses doigts sur ses lèvres pour l’empêcher de parler, puis recommença à contempler la nuit. Il resta immobile un instant, puis se mit sur le dos pour regarder lui aussi les étoiles. Le temps s’étirait tandis qu’ils se laissaient plonger dans l’infinité de l’Univers. Elle entendait le rythme calme de la respiration du jeune homme à côté d’elle. Elle fit glisser sa main sur le toit, cherchant les doigts d’Anthony, pour les entremêler aux siens. Il frémit lorsqu’elle frôla sa paume, surpris. Il avait rougit, mais dans l’ombre elle ne pouvait pas le voire.

Les minutes s’écoulaient, lentement, il la regarda discrètement. Elle était fascinante, ses cheveux noirs comme le ciel étaient éparpillés autour de son visage fin, et ses yeux bleus brillaient à la douce lueur des étoiles. Il la trouvait déjà magnifique le jour, mais la nuit… Elle s’accordait toute entière à son prénom. Il resserra l’étreinte de leurs mains. Elle ferma ses paupières, il aurait pu croire qu’elle dormait tant elle paraissait calme, mais elle tenait toujours aussi fermement sa main. Elle soupira, tourna la tête en rouvrant les yeux, et mêla leurs regards. Il sentait son estomac se retourner, son cœur battre plus vite qu’avant. Elle lui sourit, un sourire doux et timide. Puis il sentit ses doigts glisser, et le contact de leurs peaux se briser. Elle se redressa, se recoiffa sans se presser, puis se leva. Elle regarda une dernière fois l’étendue céleste, puis s’en alla, le laissant confus et seul.
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Dim 31 Jan 2010 - 19:46

« Céleste ? »

Elle sursauta presque. Ils étaient en plein entraînement de tir de précision, et elle était plus que concentrée sur l’exercice. Elle n’avait pas entendu Thomas s’approcher d’elle. Elle haussa un sourcil.

« Oui ?
- Je peux te parler ?
- Evidement, pose-toi. »

Il s’assit à côté d’elle, qui recommença à viser la cible, l’oreille prête à l’entendre parler. Elle savait qu’elle pouvait faire les deux à la fois, étant une femme c’était dans ses cordes. Elle tira et fit mouche, puis visa une nouvelle cible.
« En fait… Je sais pas à qui en parler, et j’ai peur d’en parler… Mais j’ai confiance en toi, et je sais que tu n’en reparleras pas aux autres. Et que tu pourras peut être faire quelque chose. »

Sa voix tremblait, il était hésitant. Il se tordait les doigts, en se mordant les lèvres, la regardant. Presque honteux. Elle l’encouragea d’un geste furtif de la main, toujours concentrée sur les cibles. Il poussa un lourd soupir, anxieux, et reprit d’une toute petite voix.

« Je… Je me sens mal à l’aise vis-à-vis du Sergent. Il y a quelque chose. Dans sa façon de nous regarder. De me regarder. Quelque chose de… de lubrique. Et puis… L’autre jour, il m’a demandé de passer le voir dans sa piaule après le repas. J’y suis allé. Et… Et il m’a rabaissé. En me disant que je ne passerais pas. Que je ne pourrais pas continuer aussi vite que vous. Mais que si je me donnais les moyens, si j’étais prêt à me sacrifier, il pourrait s’arranger. Et la façon qu’il a eu de me le dire c’était… Comme si il attendait que je cède. »

Elle releva tout à coup la tête, et regardant Thomas dans les yeux. Elle y lisait la peur, et aussi le manque de courage. Elle se redressa, laissant son arme, et prit les mains du jeune soldat entre les siennes. Ferma les paupières, torturée. C’était si compliqué. Elle aussi elle le voyait bien, que Le Tallec était bizarre. Qu’il n’avait pas un comportement sain. Et ses regards lubriques. Elle sentait cette angoisse glauque, et cela chez tous. Les regards équivoques, les peurs inavouées entre eux, les silences qui parlaient aux repas. Elle serra ses mains autours de celles de Thomas.

« Je ne sais pas si je peux t’aider Thomas… J’aimerais, mais je ne pense pas pouvoir…
- Si, tu es la seule qui peut m’aider.
- Comment est-ce que je pourrais le faire ?
- Parce que tu es sa préférée. »

Elle resta muette devant cette affirmation. Sa préférée ? Elle ne s’en rendait pas vraiment compte… Elle ne voulait pas se placer au dessus des autres. Dans les yeux de Thomas elle voyait de la confiance, et de l’espoir. Elle se sentait tiraillée. Elle ne savait pas quoi faire. Mais, elle savait aussi qu’elle voulait plus que tout que tout ce foutoir cesse. Elle allait ouvrir la bouche pour lui dire qu’elle essaierait, mais ils entendirent des bruits de pas. Elle lâcha précipitamment les mains de son camarade, posa les siennes sur son arme, et le Sergent Le Tallec apparût.

« Alors bande de trouffions, on se touche ?!
- Non Sergent, j’avais un soucis avec mon arme et j’ai demandé à ce qu’on m’aide !
- Mmmh… Il les évalua du regard, Thomas s’essuya les mains, penaud. Bon. Fin de l’exercice. Comme toujours Thomas, c’était très moyen. Je tiens à te voir ce soir. Céleste… Comme toujours, excellent.
- Merci chef.
- Continue comme ça. »

Il eu un petit rire qu’elle n’arriva pas à déchiffrer. Thomas s’était tendu, et restait muet. Le Sergent partit, les laissant seuls. Elle regarda Thomas, posa une main sur son épaule, rassurante. Elle lui lança un regard, signifiant qu’elle ferait ce qu’elle pourrait pour l’aider. Il ferma les yeux, et hocha la tête en remerciement. Elle devait absolument faire quelque chose.
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Céleste
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   Jeu 4 Fév 2010 - 19:21

La lumière de la Lune découpait des carrés de lumière à travers les fenêtres, on n’y voyait rien. Il n’y avait pas un bruit dans le couloir. Chacun de ses pas tombait comme un coup de fusil chasse à ses oreilles. Le tissu de son pantalon d’entraînements qu’elle n’avait pas enlevé frottait et bruissait à chaque pas. Les pointes de ses cheveux tressautaient dans son dos. Encore une porte de passée, puis une autre. Son ventre se nouait plus elle avançait. Céleste porta la main au manche de son couteau, sentant une tension inhabituelle en elle. Elle avait rendez-vous.

Elle arriva enfin devant la porte qu’elle cherchait. Elle posa une main contre sa poitrine, espérant que ça calmerait les battements de son cœur. Elle ne savait pas exactement pourquoi mais elle appréhendait. Elle avait une drôle d’impression. Comme si quelque chose en elle savait ce qui allait se passer. Elle souffla un grand coup, tentant d’évacuer son angoisse. Elle frappa, hésitante, et lorsqu’elle entendit la réponse positive, elle posa sa main sur la poignée, appuya dessus, et poussa la porte en un seul geste, pour ne pas être tentée de fuir.

Il l’attendait, assis à un bureau en métal, recouvert de feuilles. Des dossiers plus exactement. Il était plongé dans l’un d’eux. Elle entra, presque timidement. Il releva la tête, et reposa le stylo qu’il tenait, puis se releva. Il arborait un sourire qui se voulait… Charmeur, oui c’était ça. Céleste sentit chacun de ses muscles se tendre tant elle se sentait mal à l’aise. Il s’approcha d’elle, et elle put remarquer que même dans cette chambre peu éclairée il gardait cette étrange lueur dans le regard.

« Céleste. Ma petite Céleste.
- Oui sergent ?
-Une jeune fille bien prometteuse… Ou plutôt, une jeune femme. Tu es bien une femme n’est-ce pas ?
- C’est possible… répondit-elle, évitant la question qu’elle sentait cachée sous les propos.
- Mmh… »

Le sergent Le Tallec était passé devant son bureau, et s’y appuyant. Il la regarda, de haut en bas, sans se gêner. Elle sentait une boule monter de son ventre à sa poitrine. Elle avala sa salive, tendue. Il soupira, avec un air désolé.

« Mais, il y a un mais. Tu pourrais très bien être rapidement promue. Sauf que visiblement ils n’ont pas l’air très motivés là haut.
- Je ne suis pas pressée, sergent.
- Certes, certes… Mais je pourrais t’aider, en leur parlant de tes efforts, de ton niveau. Pousser un peu la chose, tu comprends. Bien sûr que tu comprends, tu es une jeune… Femme, intelligente. Cependant, pour ça… »

Il décolla son bassin du bureau, et s’avança vers elle. Céleste retint un mouvement de recul, pour rester droite comme il se devait. Il l’apprécia du regard, et se posta en face d’elle. Il attrapa une mèche brune entre ses doigts, et la tourna délicatement, tout en regardant les cheveux qui glissaient.

« Pour ça ? demanda-t-elle, anxieuse.
- Il faudrait un petit apport personnel pour que je puisse appuyer ton dossier. » Fit-il, mielleux, en s’approchant un peu plus. Il écarta les cheveux bruns de l’épaule de la jeune femme, pour les ramener dans son dos. Il sourit, de ses dents jaunies par la cigarette et l’âge. Son regard marron et luisant devenait lubrique. Elle pouvait sentir son souffle contre son visage. Un frisson de répulsion montait le long de sa colonne vertébrale, et elle tentait de le cacher.

« Céleste, tu dois bien te douter de quoi je parle. » Chuchota-t-il, posant son doigt à la base de son cou. Elle recula doucement, et répondit poliment.

« Je peux attendre vous savez. Et je doute que ce genre de choses soient permises entre recru et instructeur.
- Ce n’est pas à toi de décider ce que tu dois croire ou non ! » Rugit le sergent, attrapant son poignet, et la tirant vers lui. Elle posa ses mains sur son torse, pour tenter de se dégager, mais il était plus fort qu’elle. Il enfouit sa tête dans son cou, elle sentait une envie de vomir monter en elle, et quelque chose d’autre.

« Lâchez-moi !
- Chut ! Personne ne peut t’entendre mignonne…
- LÂCHEZ-MOI !!
- FERME-LA !!! »

Il lui envoya une claque qui la sonna un instant. Un instant suffisant à le laisser l’entraîner près du bureau, pousser sa paperasse qui tomba au sol, les feuilles s’éparpillant. Il posa une main sur sa bouche, la coinça contre le métal froid du meuble, et se colla à elle, insinuant sa main sous son tee-shirt. Elle tenta de se débattre, mais il pesait plus lourd. Une larme coula le long de sa joue, et elle avait de plus en plus de mal à respirer. Lui soufflait comme un bœuf au dessus d’elle, se frottant tant qu’il pouvait. Il plongea ensuite ses yeux marron sales dans les siens, et ce qui attendait au fond d’elle explosa brutalement. Toutes les paroles de ses camarades ressurgirent, tous leurs silences, leurs regards. Il était coupable.

Et alors, elle fît l’inexplicable, comme si elle n’avait plus le contrôle de son propre corps. Une vague de haine avait monté et échauffé tous ses muscles. De la main droite elle avait attrapé son couteau de combat, et l’avait violemment planté une première fois dans le dos de son instructeur, qui la lâcha immédiatement, s’écarta en hurlant. Elle entailla le visage de l’homme, puis ne se tenant plus le lacéra. Il essayait de se protéger en mettant ses bras devant lui, qui se couvraient de lignes pourpres. Des gouttes tombaient au sol dans un « ploc ploc ploc » chaotique. Puis, il ne bougea plus.

Essoufflée, à califourchon sur lui, les cheveux tombant en un rideau impénétrable, le couteau enfoncé dans la poitrine du sergent, ses deux mains accrochées au manche, Céleste reprit brusquement ses esprits. Elle se releva précipitamment et s’écarta du corps inerte. Elle l’avait tué. Mon dieu, elle l’avait tué. Ses bras étaient couverts de petits points rouges vifs. Elle tremblait compulsivement. Qu’avait-elle fait. Qu’avait-elle fait ?! Des larmes coulaient encore le long de son visage, un flot d’images tournèrent dans son esprit. Mort, emprisonnement, pleurs, corps… Puis, une autre pensée s’interposa. Il le méritait. Elle se calma brutalement. Oui. Il méritait. Oui.

Alors tout son corps se détendit. Elle retourna auprès du corps, récupéra sa lame, tirant dessus d’un geste sec. Elle l’essuya méticuleusement avec les draps du sergent qu’elle avait tiré jusqu’à la petite salle de bain, nettoya ensuite sa propre personne. Se regarda bien en face dans le miroir. Ses yeux s’étaient durcis. Elle se tourna le dos, traversa la chambre, enjamba le corps mort. Arrivée devant la porte, elle tira d’un coup sec la chaîne en acier où pendaient ses plaques, qu’elle accrocha à la poignée, puis sortit.

On pu voir une silhouette d’ombres sous le ciel céleste cette nuit là. Elle avait traversé le complexe, rapidement, et était sortie discrètement, sans un bruit. Personne n’avait rien remarqué, et l’ombre s’était échappée. Insaisissable.
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MessageSujet: Re: Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.   

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Tel le manche d'un couteau,elle s'incruste dans la paume de la main.
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